Article initialement publié en Mars 2021, mis à jour 23 Juin 2025.
Si vous êtes en état de survie, vous vous sentez plus ou moins en permanence en danger.
Que ce danger soit immédiat et réel, ou anticipé et intangible, la perception -consciente ou non- d’une menace, vous plonge dans un sentiment d’insécurité.
Quel est le rôle du mode survie ?
Le mode survie s’enclenche pour nous protéger, quand ce que nous vivons menace notre vie ou notre intégrité physique, émotionnelle, existentielle.
Son rôle est de mettre toutes nos ressources et toute notre énergie au service de la résolution du défi perçu.
Concrètement, le système nerveux s’active sur le mode des 4F : Fight Flight Freeze Fawn, autrement dit lutter, s’enfuir, se figer ou amadouer).
Il oriente toute l’énergie vers les parties du corps les plus opérantes : les bras pour la lutte, les jambes pour la fuite…
Si tout se passe bien, il s’actionne le temps de gérer la menace, puis une fois la menace passée ou le défi résolu, il revient à l’équilibre, et nous reprenons tranquillement le cours de notre vie.
Parfois, l’état de survie devient chronique
Lorsque le danger perçu est constant (stress au travail, relation de couple toxique…), alors nous sommes constamment en alerte, sans possibilité de résoudre définitivement le problème.
L’état de survie s’installe aussi lorsque la situation vécue a été tellement intense que nous n’avons pas pu l’intégrer.
Elle reste alors « en attente ». Les schémas de réponse restent cristallisés dans le corps et le système nerveux. C’est là que l’on parle de traumatisme.
Quand l’état de survie s’installe, les journées se passent en état d’alerte, entre poussées d’adrénaline, difficultés de sommeil et épuisement.
On peut aussi tenir bon pour faire faire FAIRE tout ce qui est sur la to-do list, mais le soir venu, se demander comment on a réussi à avoir cette conversation en gardant le sourire, tenu le coup au travail, préparé à manger, pris soin des enfants, tant la tension intérieure était grande.
Ou encore se sentir totalement déconnecté de soi, de son corps, des autres, de ses ressentis, de ses envies.
Revenir à un état ressourcé et régulé demande alors de résoudre les schémas restés en suspens.
Caractéristiques du mode survie :
- activation du Système Nerveux Autonome dans un des 4F : lutter, fuir, se figer, amadouer
- grosse dépense d’énergie -> épuisant sur le long terme
- beaucoup de compensations ou d’adaptation
- les relations aux autres se font en mode séduction/protection/attaque
- on vit les émotions sur le mode de la réactivité, ou on s’en déconnecte pour s’en protéger
- on s’accroche au faire ou au paraître pour combler un sentiment de vide intérieur
- l’activation peut alterner avec des phases d’abattement et d’épuisement
La bonne nouvelle, c’est que même si cet état est là depuis longtemps, il est possible de revenir à un état plus harmonieux, pour être dans la vie et pas dans la survie.
Caractéristiques du mode « vie », ou mode régulé :
- sentiment de plénitude, de complétude, d’être bien avec soi-même
- sentiment de vitalité, qui n’est pas coûteux en énergie
- disponibilité pour le jeu, le repos, la créativité
- le « faire » part de l’être et n’est plus une façon de compenser
- on est avec l’autre sur un mode communiquant et assertif, distinct et proche à la fois
- il continue d’y avoir des émotions, mais on en est plus submergé·e

7 façons de s’affranchir du mode survie et de cultiver le mode vie
Bien sûr, les injonctions comme « calme-toi », « lâche prise » ou au contraire « allez bouge-toi maintenant », « passe à autre chose » n’auront aucun effet durable sinon de vous juger encore plus.
Lâcher prise, merci bien mais concrètement je fais comment ?
Ce qui aide à changer d’état dans la durée -et pas d’un claquement de doigts-, c’est :
- Aller dans un lieu ressource (en réalité ou dans l’imaginaire). Dans ce lieu, vous vous sentez en sécurité. Toutes les conditions sont réunies pour apaiser les mécanismes de lutte/fuite/figement du système nerveux.
- Bien connaître vos besoins. : repos, mouvement, solitude ou partage… Et surtout, valider leur légitimité.
- Repérer les limites qui, quand elles sont enfreintes, vous font basculer dans l’activation, la réactivité. Apprendre à les (faire) respecter.
- Identifier et nommer (éventuellement à haute voix) dans quel état vous vous sentez. Cela peut inclure les émotions et les sensations corporelles.
- Laisser votre corps bouger de la façon dont il a besoin. Sans avoir peur du ridicule (d’ailleurs, personne ne regarde) ! Se secouer, pousser, taper dans un coussin… autant de mouvements libérateurs qui aident le système nerveux à se décharger du trop-plein. Observez vos sensations corporelles pendant le processus.
- Vous créer des rendez-vous réguliers pour que ces pratiques prennent place dans votre quotidien. Est-ce que c’est aller en nature, bouger, méditer, cuisiner, écrire ?
Vous avez besoin d’aide pour pratiquer ces 7 étapes ou pour aller plus loin ? Je peux vous accompagner.
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