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Traverser un passage à vide

Parfois, quand vous êtes dans le creux de la vague, vous arrivez à rebondir avec une lecture inspirante, une méditation, une discussion avec un-e ami-e, quelques mouvements, une vidéo.

D’autres fois, ça s’installe et rien ne marche.

Comme si une force surpuissante s’était actionnée pour vous embarquer dans un tunnel sans fin de fatigue, de tristesse et de remise en question existentielle.

C’est quoi, ce phénomène ?

D’une certaine façon, on peut voir la déprime comme une réaction corporelle de survie. Quand la physiologie de la déprime s’enclenche, dans notre système nerveux, notre état hormonal, nos émotions, tout se concerte pour nous appeler à ralentir, à écouter ce qui se passe en nous, à digérer la peine, se reposer, revenir vers l’intérieur en fait.

Soutenir ce mouvement, c’est probablement la meilleure façon de tendre une main vers soi-même !

On va voir concrètement comment faire cela. Mais d’abord… déjouer 2 ou 3 habitudes qui nuisent plus qu’elles n’aident.

Ce qu’on fait en général quand on se sent vide

(dites-moi si ça vous parle!)

  • on continue de faire comme si de rien était pour ne rien laisser paraître
  • on se juge
  • on se rabat sur la nourriture, le café, l’alcool ou autres (et on s’en veut aussi souvent)
  • on essaie de se motiver à bouger, à avancer quand même
  • on remet toute sa vie en cause
  • on s’effondre carrément…. et là plus rien n’y fait

Et si vous lisez ces lignes, c’est peut-être que vous avez testé un peu tout ça… mais qu’aucune stratégie n’est vraiment satisfaisante.

Et le seul repère pour juger si ça vous convient c’est : est-ce qu’après avoir fait ça, vous vous sentez mieux, ou moins bien ? Comment est votre estime de vous ? Que raconte votre auto-critique ?

Est-ce que les conseils et coups de boost sont vraiment bienvenus ?

À moins d’avoir des personnes formées à l’écoute dans votre cercle amical et familial, je parie que la réaction des autres est souvent… disons… décevante.

Si vous leur parlez de ce que vous traversez, vous anticipez des réponses comme : « mais ne dis pas ça » ; « tu dis ça parce que … » ; « tu devrais faire ci ou ça, ça te changerait les idées » ; « ce n’est pas si grave » ; « bouge-toi un peu ».

Des conseils bien intentionnés. Mais ça ne vous aide pas. Ça ne vous apaise pas. Vous vous sentez encore plus nul-le, en fait.

Parce que d’une, ces prétendues solutions qu’ils vous donnent, vous les connaissez déjà… mais vous n’êtes pas en capacité de les mettre en oeuvre (sinon ce serait déjà fait !!).

Et de deux, l’aspect de vous qui souffre n’a toujours pas été entendu. Sa douleur continue d’être ignorée.

Et ça fait tellement mal quand la douleur (physique ou émotionnelle) est niée.

Ce qui fait du bien, c’est de reconnaître ce qui est vrai, vivant et présent maintenant pour vous.

Mais alors, pourquoi résiste-t-on autant aux creux des vagues ?

  • Parce que les sensations physiques liées à cet état sont désagréables, inconfortables, et parfois très intenses… on ferait tout pour ne pas être en contact avec elles et ça se comprend. C’est ça qui nous pousse à ouvrir le frigo ou à aller sur les réseaux sociaux : pour déclencher d’autres ressentis (mais ils sont toujours éphémères!)
  • Parce que ce qui est valorisé socialement, c’est d’être dynamique, pro-actif-ve, résilient-e, extraverti-e. On redoute donc le regard des autres si on reste trop longtemps abattu-e.
  • Parce qu’on a pas l’habitude d’écouter ce que nous disent nos émotions. On ne sait pas faire. 
    Ce qu’on a appris, c’est à trouver des solutions, pour sortir au plus vite de l’inconfort. 
    À ne pas se plaindre, pour ne pas nourrir une spirale négative, et à voir les choses du bon côté.
    À ne pas plomber l’ambiance, à ne pas être un boulet pour les autres en traînant ses idées noires.
  • Parce que le déferlement du développement personnel nous complique encore les choses.
    Au départ, la gratitude, la loi d’attraction, le pouvoir de l’intention, la positive attitude, sont des appuis pour cultiver la beauté au quotidien. Quand elles deviennent une règle, elles sont une violence de plus. C’est le règne de l’injonction au bonheur. Et il exclut celles-ceux qui vont mal. Les parties de nous qui vont mal.

La positivité devient dangereuse quand elle conduit à carrément nier la réalité.

Or, la réalité, elle est faite de moments lumineux et de moments sombres. Est-ce que les moments sombres méritent d’être étiquettés négatifs?

La vie se planterait-elle à ce point, que chaque émotion ou expérience désagréable doive être considérée comme une erreur ? 

Ben non. Je ne crois pas. Je crois que la vraie positive attitude, c’est au contraire d’embrasser la réalité toute entière. Et par embrasser, je ne dis pas « aimez tout, acceptez tout, tout est merveilleux, cuicuicui ».

Plutôt : tout ce qui vous fait réagir et souffrir mérite d’être entendu. Et considéré. 

Parce que même dans une pensée dark comme : « j’en peux plus de cette vie à la con, plutôt mourir » ?

Eh bien il y a un grand cri du coeur.

Lequel ? comme il se dit en filigrane, il faut prendre le temps de l’écouter pour le décoder.

Comment écouter les parties souffrantes en soi ?

Bon, ça demande un peu de foi pour croire qu’il y a de l’or dans un amas d’idées sombres, d’auto-critiques, de remords, de scénarios catastrophe ; mais écoutez cette voix, et il émergera avec splendeur !

  • La foi commence par vous autoriser à vider votre sac. La voie la plus simple, et qui ne vous fait dépendre de personne, c’est de le faire par écrit. Sortir les pensées et les affects de votre cerveau et les coucher sur le papier, aide déjà à y voir plus clair.
  • Entrez dans un dialogue avec vous-même et posez-vous la question : « qu’as tu besoin que j’entende aujourd’hui ? » Ecrivez sans vous censurer, cette page est juste pour vous, le temps du processus.
  • Même si vous deviez écrire « je me sens nul-le », « j’ai l’impression que je ne vaux rien » 100 fois, ce ne serait pas du temps perdu.
  • Vous êtes entrain d’offrir un espace d’expression et d’écoute à un aspect de vous que d’habitude, vous essayez de mettre de côté. Et ça, ça a une immense valeur !

Révéler les forces motrices enfouies dans les pensées et émotions douloureuses

  • Une fois que la petite voix si vide en vous a pu dire ce qu’elle avait à dire sans être interrompue, ni moralisée, ni conseillée, demandez-lui : « quand tu me dis tout ça, de quoi as-tu besoin, qu’est-ce qui est important pour toi ? « 
  • Vous pourriez bien découvrir qu’en fait… quand cette voix dit qu’elle se sent nulle, c’est qu’elle a besoin d’être rassurée sur sa valeur. Ou de contribuer au bien-être des autres. Peut-être que derrière la déprime, il y a une grande envie d’amusement (pour lequel il n’y pas la place en ce moment parce que vous travaillez trop!). Ou un besoin de repos, de déconnexion totale. Ou de voyage. 
  • Quand vous êtes connecté-e à ce besoin-là, demandez-vous avec curiosité : « tiens, qu’est ce que je pourrais faire de tout simple pour me donner un petit-goût de voyage, d’amusement, de repos ? »

Quelques idées simplissimes pour traverser le cycle de déprime en douceur

  • s’envelopper de coussins, de couverture, se donner du confort, du moelleux et de la chaleur
  • envie de bouger ou pas ? Suivez votre (non) élan. Plutôt que de vous forcer à faire du sport, effectuez des mouvements tout petits et tout doux, qui demandent le minimum d’énergie et d’effort possible.
  • s’entourer d’objets et de couleurs réconfortantes
  • écouter des musiques ou des voix qui vous mettent du baume au coeur
  • dresser la liste des activités qui vous font sentir vivant-e et faire celle qui vous fait le plus envie !

>> profitez de ce passage à vide pour amorcer un chemin de réconciliation avec vous-même, faire le point sur ce qui compte, guérir d’anciennes blessures, et retourner dans la vie. Mon parcours gratuit peut vous soutenir dans cette démarche ! <<

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