Traverser un passage à vide

Traverser un passage à vide

Vous n’aimez pas tellement vous laisser aller, en général. 

Quand vous êtes dans le creux de la vague, vous arrivez toujours à rebondir avec une lecture inspirante, une méditation, une discussion avec un-e ami-e, quelques mouvements, une vidéo.

Là, vous cherchez un peu en vain, le truc qui vous aiderait à sortir du tunnel de déprime où vous vous trouvez.

Sauf que c’est un de ces moments où rien ne marche.

D’ailleurs, l’idée de regarder en face un objectif, de poser une intention le matin, ça vous lasse.

Et que personne ne s’avise de vous dire de sortir de votre zone de confort !!!

Oui, c’est un de ces moments où même l’envie de se sentir bien est anéantie.

Ça crie en vous « Bon sang, je suis au bout du bout là ! Je voudrais juste qu’on m’oublie, qu’on me foute la paix ! »
Et vous ne pouvez pas en parler, parce que ça fait peur, tout de suite. Et vous savez qu’on vous répondra : « mais ne dis pas ça » ; « tu dis ça parce que … » ; « tu devrais faire ci ou ça, ça te changerait les idées ».

Des conseils bien intentionnés, votre entourage s’inquiète pour vous. Mais ça ne vous aide pas. Ça ne vous apaise pas. Vous vous sentez encore plus nul-le, en fait.

Parce que la petite voix qui crie au fond de vous : « ça suffit, j’en peux plus, j’ai tout donné là ! »
Eh bien elle n’a toujours pas été profondément entendue.

Et ça fait tellement mal quand la douleur (physique ou émotionnelle) est niée.

Pourquoi on se détourne des cris de désespoir en nous ?

Parce qu’on a pas l’habitude de les écouter vraiment. On ne sait pas faire. 
Nous, ce qu’on nous apprend à faire, c’est à trouver des solutions, pour sortir au plus vite de l’inconfort. 
On apprend à ne pas se plaindre, pour ne pas nourrir une spirale négative, et à voir les choses du bon côté.
À ne pas plomber l’ambiance, à ne pas être un boulet pour les autres en traînant ses idées noires.

Alain, le philosophe, ne disait-il pas d’ailleurs dans ses Propos sur le Bonheur que « le meilleur qu’on puisse faire pour ses amis, c’est encore d’être heureux ? ».

[Parenthèse ici. Se plaindre et parler de ce qu’on ressent – en en prenant la responsabilité, ce sont deux choses bien différentes, qui ont des effets différents. Il faudra y consacrer tout un article !]

À 19 ans, ça m’avait bien inspiré de lire Alain. Inspirée à prendre les responsabilités de mes sentiments, à réaliser que mon état pouvait être soutien ou poids pour les autres. Ça m’a inspirée à m’élever.

Et puis il y a eu le déferlement du développement personnel. Et la gratitude, et la loi d’attraction, et le pouvoir de l’intention, et la positive attitude. Le règne de l’injonction au bonheur.

Super quand ces notions nous aident à cultiver la beauté au quotidien. Merveilleux.

Là où ça devient dangereux, c’est quand on en vient à nier la réalité pour ne voir que le positif à tout prix.

Or, la réalité, elle est faite de moments lumineux et de moments sombres. Est-ce que les moments sombres méritent d’être étiquettés négatifs?

La vie se planterait-elle à ce point, que chaque émotion ou expérience désagréable doive être considérée comme une erreur ? 
Ben non. Je ne crois pas. Je crois que la vraie positive attitude, c’est au contraire d’embrasser la réalité toute entière. Et quand je dis embrasser, je ne dis pas « aimez tout, acceptez tout, tout est merveilleux ».

Non. Je dis que tout ce qui vous fait réagir et souffrir mérite d’être regardé bien en face. Et entendu. 
Parce que dans la voix qui dit « j’en peux plus de cette vie à la con, plutôt mourir », eh bien il y a un grand cri du coeur. Sauf que pour le décoder ce cri du coeur qui se dit en filigrane, il faut prendre le temps de l’écouter.

De toutes façons, qu’est-ce qui se passe quand vous essayez de nier que ça va pas ?

Vous scotchez devant la télé ou pire les réseaux sociaux (qui vous montrent la meilleure face de la vie des autres et renforcent votre sensation que votre vie à vous craint) ? Vous vous défoulez sur la bouffe ? Vous buvez, vous fumez plus ? Très bien, très bien, on a le droit de faire ça.

Le seul repère c’est : est-ce qu’après avoir fait ça, vous vous sentez mieux, ou moins bien ? Est-ce que votre passage à vide est plus fort ou moins fort ?

Comment se mettre à l’écoute des parties souffrantes en soi ?

Je disais donc qu’il y a un appel du coeur contenu en filigrane dans vos petites voix intérieures. Vous allez me dire : c’est gentil mais comment le débusquer, quand tout ce que j’entends dans ma tête, ce sont des jugements, des auto-critiques, des remords, des scénarios catastrophe ?

Oui, je sais que ce n’est pas évident de prime abord, et qu’il faut parfois avoir la foi pour croire qu’il y a de l’or dans tout cet amas d’idées sombres ! Ecoutez cette voix, et il émergera avec splendeur !

La foi commence par vous autoriser à vider votre sac. La voie la plus simple, et qui ne vous fait dépendre de personne, c’est de le faire par écrit. Sortir les pensées et les affects de votre cerveau et les coucher sur le papier, aide déjà à y voir plus clair. Posez-vous la question comme si vous la posiez à un autre vous-même : « qu’as tu besoin que j’entende aujourd’hui ? » Ecrivez sans vous censurer, cette page est juste pour vous, le temps du processus. Même si vous deviez écrire « je me sens nul-le », « j’ai l’impression que je ne vaux rien » 100 fois, ce ne serait pas du temps de perdu.

Vous êtes entrain d’offrir un espace d’expression et d’écoute à un aspect de vous que d’habitude, vous essayez de mettre de côté. Et ça, ça a une immense valeur !

De véritables forces motrices apparaissent quand vous écoutez les pensées et émotions douloureuses

Une fois que la petite voix si vide en vous a pu dire ce qu’elle avait à dire sans être interrompue, ni moralisée, ni conseillée, vous pourriez aussi lui demander : « quand tu me dis tout ça, de quoi as-tu besoin, qu’est-ce qui est important pour toi ? « 

Et là vous pourriez bien découvrir qu’en fait… quand cette voix dit qu’elle se sent nulle, c’est qu’elle a besoin d’être rassurée sur sa valeur. Ou de contribuer au bien-être des autres. Peut-être que derrière la déprime, il y a une grande envie d’amusement (pour lequel il n’y pas la place en ce moment parce que vous travaillez trop!). Ou un besoin de repos, de déconnexion totale. Ou de voyage. 

Et ça va être très différent de connecter à ce besoin-là très profond, et de se dire « tiens, qu’est ce que je pourrais faire de tout simple pour me donner un petit-goût de voyage, d’amusement, de repos ? »

Ou encore vous pouvez vous rendre compte que ce que traversez, là, fait écho à un précédent moment de votre vie où vous aviez ressenti la même chose, pour des raisons similaires ou très différentes.

Et que revivre ça aujourd’hui est une opportunité de vous réconcilier avec le passé.

S’écouter de cette façon-là, ce n’est pas habituel, mais ça s’apprend. Tenté-e ?

>> Alors profitez de ce passage à vide pour amorcer un chemin de réconciliation avec vous-même, faire le point sur ce qui compte, guérir d’anciennes blessures, et retourner dans la vie. Mon parcours gratuit peut vous soutenir dans cette démarche ! <<

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