Dans le précédent article j’ai protesté contre l’injonction à s’aimer,
Non pas que je sois CONTRE le fait de s’aimer, mais parce que je trouve qu’on la brandit trop souvent comme quelque chose à réussir et à performer.
Et que ça met beaucoup trop la pression.
Tu as remarqué, quand tu n’arrives pas à « t’aimer comme il faudrait », que tu te tapes encore plus sur la tête ?
Et hop une couche de lasagnes de plus !
Par contre, peut-être bien qu’on en a BESOIN, de cet amour, pour traverser les remous de l’existence, et les défis auxquels notre époque nous confronte. On a besoin de cette réconciliation avec nous-mêmes, parce qu’elle est une source de joie, de force, de paix et d’élan. Et qu’on ne peut décemment pas attendre que le monde aille mieux pour vivre ça. Et même, si on veut contribuer à changer 2 ou 3 trucs par ici, ça sera beaucoup plus chouette si on est réconcilié avec nous-même.
Et pour ça il n’y a sûrement pas UN mode d’emploi en taille unique, mais des chemins multiples. Et des chemins à voir comme des explorations, des invitations, MIEUX : des AUTORISATIONS !
Alors au lieu de se mettre la pression, pensons plutôt : « tiens, et si je m’autorisais à m’aimer, ça ressemblerait à quoi? »
Quelques chemins possibles vers une réconciliation avec soi-même
AUTORISATION #1 : T’ÉCOUTER VRAIMENT
Qu’est-ce que je ressens là?
Que me dit mon corps ?
De quoi j’ai besoin?
Qu’est-ce que je peux faire, de petit ou grand, pour répondre à ce besoin ? (ça peut inclure faire un break, demander de l’aide, on n’est pas contraint de tout régler par soi-même)
AUTORISATION #2 : DÉSAMORCER L’ANIMOSITÉ
Apprends à reconnaître la voix poison qui te critique et fait grandir l’auto- détestation. Ne prends pas ce qu’elle dit pour argent comptant.
Il est possible de rencontrer ce juge intérieur et de dialoguer avec lui.
Le plus souvent, il veut te protéger de quelque chose. Par exemple, ses critiques servent à te garder petit·e pour ne pas t’exposer à la critique du monde. Ce qui transforme le critique intérieur, c’est qu’on l’enveloppe d’attention et de douceur (je sais, c’est contre-intuitif, parce qu’il est grave entrain de t’attaquer). Quand on découvre qu’il est comme un petit enfant qui a peur, ça pose quelque chose : Tu es le/la grand·e, l’adulte.
C’est toi qui peux être sa base de sécurité. You’re the boss. S·He can relax.
AUTORISATION #3 : T’EMBRASSER AVEC TES OMBRES ET TES BLESSURES
On a tendance à se dire qu’une fois qu’on aura éliminé tel trait de notre personnalité, ou réparé tel aspect de nous, alors on sera plus aimable (à nos yeux et ceux des autres).
Ce faisant, on rejette de plus en plus nos ombres et nos blessures en essayant de devenir la meilleure version de nous-mêmes.
Et si l’invitation, c’était de rencontrer les parts de nous malaimées ? C’est un processus très puissant qu’on effectue surtout en thérapie (mais cet audio t’en donne aussi un avant-goût).
Voici le processus :
Mets l’attention avec délicatesse sur la partie de toi qui est activée, ou que tu n’aimes pas.
Avec ouverture, lui demander ce qu’elle vit elle et comment elle se sent. L’écouter.
Sans essayer de la changer, lui offrir de la reconnaissance pour qui elle est et valider la légitimité de ses ressentis.
Observe ce qui se passe quand tu t’offres ces autorisations !
Et enfin, voici une lettre pour toi ou l’enfant que tu as été. Si une de ces lignes résonne en particulier, n’hésite pas à te l’écrire sur un bout de papier et à la relire comme un petit doudou.
Lettre d’amour à toi-même, à un enfant dont tu as la responsabilité ou à l’enfant que tu as été :
Tu n’as rien à prouver
Je te vois
Je t’écoute
Je suis là
Autorise-toi à écouter en toi
Ton corps ne ment pas
Tes ressentis sont toujours justes et légitimes
Tu as le droit d’être en colère
Tu as le droit d’avoir peur
Tu as le droit d’être fatigué·e
Tu as le droit de faire des erreurs
Tu as le droit de dire ta vérité
Tu as le droit de faire un choix qui n’est pas conforme aux attentes
Tes besoins comptent
Tu as le droit de dire non
Tu es un être unique et inestimable et tu mérites d’être vu·e comme tel·le
Photo de Planet Volumes sur Unsplash
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